|
Le président de la FNAB se félicite de voir, enfin, le président de l’APCA, donner le signal si longtemps attendu au réseau qu’il préside.
« Nous qui avons connu le mépris, puis l’ignorance, les faux prétextes pour ne pas s’investir dans le bio, ne pouvons que nous féliciter de ce changement de cap.
Le réseau FNAB qui se bat depuis trente ans pour que soit mis en place les aides à la conversion, le crédit d’impôt, la rémunération et la reconnaissance pour tous les paysans, a su impulser toutes les organisations économiques structurantes de la filière.
N’oublions pas que plus de 80% des agriculteurs bio actuels sont d’anciens conventionnels... Ces agriculteurs, que les GAB et GRAB ont aidé à passer en bio, ont compris que cette production était la seule viable pour une sécurité et une autonomie alimentaires tant en Europe que sur les autres continents. Ils constituent aujourd’hui le réseau et contribuent à accompagner les candidats au changement.
Quels que soient nos choix de filières (courte, vente directe ou impliquant plus d’intermédiaires), nous avons tiré les leçons des échecs des systèmes conventionnels et nous nous organisons pour mettre en place des rapports commerciaux basés sur un prix juste pour tous les acteurs, dans la transparence des coûts et des marges. De cette manière, les citoyens auront accès à une alimentation de qualité dans des territoires vivants qui verront le monde agricole reprendre une place-clé au sein de notre pays.
Quels que soient nos types de production (végétales, animales, avec ou sans transformation à la ferme), nous avons appris que le mode de production bio ne garantit la pérennité de nos fermes que si nous nous recherchons à être toujours plus autonomes, toujours plus économes et toujours plus cohérents.
C’est en s’éloignant du vivant, au travers d’une économie et des pratiques de distribution dirigées vers le seul profit financier, que le monde agricole a perdu ses repères. C’est en oubliant les fondamentaux de l’agronomie que les exploitations agricoles sont devenues dépendantes des intrants.
Il est temps de réorienter les politiques agricoles au niveau européen et français, à travers une meilleure prise en compte des efforts faits par les producteurs pour sortir de la dépendance à la pétrochimie. Il est temps aussi de réorienter de manière rapide et significative les moyens humains et financiers de nos Chambres d’Agriculture afin de ne plus laisser croire aux producteurs qu’il y aura une sortie de crise pour cette agriculture chimique.
Redonnons du sens à notre métier en relocalisant les modes de distribution et en redonnant sa place à l’argent, comme outil d’échange au service d’un développement humain.
Il est temps de faire jouer la synergie des réseaux dans l’intérêt des finances publiques et des producteurs.
Pour ce faire, il faut que les actions des différents acteurs-terrain du développement de la bio soient reconnues, coordonnées et structurantes. Les efforts, tant de l’état que des collectivités territoriales, appuyés par les agences de l’eau et les autres structures concernées doivent toucher le plus grand nombre de paysans. Les moyens financiers doivent être transparents et efficients.
Le plan de développement de l’AB, certes perfectible, ne se conçoit que dans la concertation avec les associations de citoyens et de défense de l’environnement.
Alors cher Luc Guyau, sur ces bases, construisons ensemble les partenariats qui permettront au monde agricole de prendre ce virage nécessaire à sa survie.
Le salon « la terre est notre métier », de Guichen (35) montrera à toute la profession aux citoyens et aux élus, que c’est ensemble que nous mettrons en œuvre l’agriculture de demain dont la bio est le fer de lance. »
Paris, le 7 octobre 2009
|