L’Eau est aujourd’hui au cœur des préoccupations. Tant sur le plan quantitatif que qualitatif, agir pour protéger nos ressources en eau est une priorité. Le réseau des producteurs bio s’investit activement dans ce domaine. En effet, l’agriculture biologique fait partie des solutions pour concilier production d'aliments et d'eau de qualité.

 

Le cahier des charges de l’Agriculture Biologique

Les pratiques de l’agriculture biologique sont encadrées par un cahier des charges soumis à contrôle. Il empêche une intensification des pratiques. Il interdit les pesticides et engrais issus de la chimie de synthèse, et encadre l’utilisation de médicaments dont les antibiotiques. Les agriculteurs biologiques travaillent sur la fertilité du sol, sur la biodiversité et le bien être animal. L’avantage économique qu’offre l’agriculture biologique permet de concilier activité économique et préservation de l’environnement.

 

Faut-il aller jusqu’à l’agriculture biologique ?

Des études scientifiques désignent l’agriculture biologique comme :

  • un mode production préservant la qualité de l’eau (INRA ; CNRS) ;
  • le mode de production le plus efficace pour la reconquête de la qualité de l’eau (Girardin et Sardet, INRA, 2003) ;
  • un facteur nécessaire pour un retour du bon état qualitatif des masses d’eau (CNRS, IRSTEA).

 Pour aller plus loin :

  • Les nitrates 

88,7 % des contaminations azotées des ressources et milieux aquatiques proviennent de l’agriculture et de l’élevage (CGDD n°52, 2011).

Des travaux de l’INRA montrent qu’en situation de polyculture-élevage, la conversion amène une amélioration de la gestion des nitrates et permet d’avoir des pertes nitriques faibles. D’autres travaux (INRA) montrent qu’en grandes cultures, le cahier des charges (en comparaison à l’agriculture raisonnée ou à une production intégrée) est celui qui répond le mieux à la préservation de qualité des eaux souterraines. Les travaux du PIREN-Seine (CNRS) montrent, qu’à  l’échelle d’une rotation de grandes cultures, l’agriculture biologique ne pollue pas en nitrate la ressource en eau. Son développement est même identifié comme un des facteurs nécessaire pour un retour du bon état qualitatif des masses d’eau. La ville de Munich confirme ces résultats : un retour sur la qualité de l’eau et des économies sur le traitement de l’eau grâce au développement de l’AB.

Ailleurs, les efforts entrepris par les agriculteurs, en lien avec les politiques agricoles ont permis ces dernières années de ralentir et limiter les impacts sur la ressource en eau mais la pollution reste à des niveaux trop élevés. L’adoption des « bonnes pratiques » de l’agriculture conventionnelle, semble davantage permettre une diminution des pics de pollution et une stabilisation de la contamination qu’une amélioration de la qualité de l’eau. Il est nécessaire d’aller plus loin : passer de l’ajustement de pratiques au changement de pratiques.

Les leviers utilisés par l’AB : Le cahier des charges interdit certaines pratiques. En cela, il garantie et favorise une certaine extensification et un changement de pratiques. La plus-value économique accompagne cela. Les engrais de synthèse étant interdits, les producteurs bio misent sur l’introduction de légumineuses dans la rotation et en interculture, sur l’utilisation d’engrais verts, et sur l’apport de matière organique pour nourrir le sol. L’azote est donc apporté sous une forme plus stable (organique). Il est observé un moindre apport en bio et au final une meilleure balance azotée. On a donc moins de surplus d’azote et un surplus davantage retenu par le sol (CNRS/UPMC). Les points de vigilances et améliorations à apporter concernent la gestion des légumineuses, la couverture du sol à l’automne, la dose, date et forme de fertilisants pouvant être apportés.

  • Les pesticides

95 % des pesticides vendus sont utilisés pour l’agriculture (CGDD n°52, 2011).

Afin qu’une masse d’eau soit « potable », les concentrations en pesticides ne doivent pas dépasser certains seuils. Ces derniers préservent les usagers des méfaits des pesticides sur la santé. Pour un certain nombre de captages, ces concentrations en pesticides dans l’eau pompée dépassent les normes, ou sont proches de les dépasser. Parmi les pesticides impliqués, on trouve notamment des molécules déjà interdites mais rémanentes dans notre environnement.

Toutefois, il faut être vigilant à la qualité de l’analyse des eaux. Il s’agit de chercher davantage de molécules phytosanitaires, car on ne trouve que ce que l’on cherche. De gros efforts ont été faits en la matière, ils sont à poursuivre.

Par ailleurs, des progrès sont à réaliser sur l’analyse des impacts de ces molécules sur l’écosystème. En effet, les tests de toxicité/écotoxicité ne prennent en compte que la molécule active du produit phytosanitaire et non les adjuvants ajoutés afin d’améliorer l’efficacité du produit. Cela est décrié notamment par des chercheurs (CRIIGEN). D’autre part, les effets cocktails et de toxicité combinés des pesticides, dus au mélange de pesticides et autres substances ne sont pas considérés sur la santé. Et certains pesticides sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire agissant à très faible doses, en-deçà des normes, sur le fonctionnement du système hormonal. D’autres sont suspectés d’être cancérogènes, comme le glyphosate, bien que cela fasse l’objet de controverses.

Pour davantage d’informations sur les controverses autour de l’évaluation de la toxicité et écotoxicités des pesticides, rendez-vous sur les sites du CRIIGEN, de Générations Futures, etc.

  •  Le coûts de dépollution (nitrates et pesticides de synthèse) de la ressource en eau

Arrêtons-nous sur l’aspect économique des choses. Les dépenses annuelles de potabilisation par hectare d’agriculture conventionnelle située dans les AAC* d’eau potable se situent dans une fourchette de 828 à 2 430 € (CGDD/SEEIDD/ERNR2, Septembre 2011). A côté de cela, la marge brute d’un blé va être de 600 à 800 €/ha. Et le PIREN-Seine ainsi que le CER France observent que l’agriculture biologique se porte économiquement aussi bien que l’agriculture conventionnelle. Enfin, les impacts sur l’environnement et la santé des pesticides, également appelés effets secondaires indésirables ou externalités négatives ont un coût. A l’inverse, les performances plurielles de l’AB, permettant des externalités positives évitent ces coûts.

*AAC : aire d’alimentation de captage

 

L’accompagnement de la FRAB dans la protection de la ressource en eau

La FRAB, en partenariat avec les Agences de l’eau Seine-Normandie et Rhin-Meuse, travaille sur le déploiement de l’AB et ses pratiques. Dans l’objectif de préserver la ressource en eau tout en participant au développement local, la FRAB, forte de son expertise agrobiologique et sur le changement de pratiques :

  • Propose une expertise agrobiologique territoriale : pour plus d'information, rendez-vous sur cette page.
  • Propose un accompagnement à l’émergence et la mise en œuvre de plans d’actions / projets de territoire
  • Propose des animations : visites de fermes, groupes d’échanges... téléchargez notre programme d'animations 2017 ci-dessous, et rendez-vous sur la page "actualité" ou dans notre rubrique agenda.
  • Organise des voyages d’études sur les sites pilotes Eau & Bio (plus d'information ci-dessous)
  • Anime le réseau des fermes témoins 
  • Publie une lettre d’information Eau & Bio (en téléchargement ci-dessous) et propose des interventions (tables rondes…)

En téléchargement:

Lettres Eau'fait Documents Eau & Bio

Actes du Colloque Eau et AB

 

Programme d'animations 2016

Programme d'animations 2017

 


Pour aller plus loin : Les sites pilotes Eau & Bio

Le dispositif des sites pilotes Eau & Bio, animé par la FNAB, est un réseau de coproduction, mutualisation, expérimentation qui réunit des territoires engagés dans la problématique agricole, plus particulièrement l'agriculture biologique, dans un contexte de protection ou de reconquête de la qualité de l'eau. Il comprend une vingtaine de sites (collectivités/territoires de projet), représentatifs de la diversité des systèmes agricoles, des contextes pédoclimatiques, des échelles géographiques, ainsi que des structures politiques et administratives.

Il permet, entre autre, pour le site engagé :

  • de bénéficier d'une expertise et de retours d'expériences ;
  • de participer à, ou bénéficier de, groupes de travail thématiques ;
  • de bénéficier d'évènements et publications.

Ce dispositif constitue une véritable source d’inspiration sur laquelle la FRAB s’appuie pour vous accompagner dans vos démarches de protection de captage. Ces retours d’expériences ont également permis d’élaborer, en partenariat avec l’AMF et l’ONEMA, une boîte à outil à destination des collectivités accessible en ligne : (http://www.devlocalbio.org/).

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Fédération Régionale des AgroBiologistes

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Complexe agricole du Mont-Bernard

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Tél : 03 26 64 96 81 – Fax : 03 26 64 96 80
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A propos

La Fédération Régionale des AgroBiologistes de Champagne-Ardenne est une association de loi 1901. Elle a été créée en 1997 avec un objectif clair : rassembler les moyens pour développer la production biologique alors peu présente sur le territoire régional.

Elle a un rôle d'accompagnement et d'information des producteurs bio, de sensibilisation des producteurs non bio, de défense de l'agriculture biologique et de coordination des projets menés dans la région en matière de production bio.